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Accueil du site > Tribune Libre > « C’est quand qu’on va où ? »

« C’est quand qu’on va où ? »

 L'Intelligence Artificielle arrive et on sait d'ores et déjà qu'elle aura dans l'aventure de l'espèce humaine une importance au moins aussi grande que la fabrication et l'utilisation d'outils. Qu'il ne s'agisse que d'IA faible, pour le moment, à savoir des capacités hyperspécialisées se substituant à un bouquet de capacités humaines, véhicule autonome par ex, ne change rien à la problématique majeure qu'elle va poser, à savoir le rôle qu'elle va jouer et la répartition des bénéfices de son déploiement. On sait que le début de la révolution industrielle a vu un accroissement massif de la productivité et la disparition de nombreux métiers dont certains pénibles, d'autres valorisants et gratifiants.

 Mais la situation d'alors était très différente : le nombre des humains avoisinait un milliard et l'humain ne consommait pas, per capita, le dixième des ressources minières et énergétiques qu'il engloutit en 2017. Dans cette société, la contrainte principale n'était pas les ressources, la concurrence, la pollution, mais la main-d'oeuvre et en 2017, un examen rapide montre plutôt le contraire. Bien plus, dans un monde en croissance avec une pléthore d'emplois peu qualifiés venant remplacer les anciens (l'homme au service de la machine autant que l'opposé), il y avait de l'emploi pour tout le monde, ce que les anciens luddites voyaient mal. Ils avaient perçu néanmoins le gaspillage de ressources humaines d'apprendre un métier disparaissant au profit de machines.

 Le défi de l'I.A faible est bien plus protéiforme, car ce ne sont pas seulement les compétences humaines qu'il va falloir remettre en cause, mais inventer un monde dans lequel l'essentiel de la population ne soit pas de facto inutile à la production de biens et services. Un rapport sur l'IA remis au président Obama indiquait par ex que 83% des emplois peu qualifiés pourraient disparaître, un tiers des emplois fortement qualifiés et quelques pourcent du reste.

 Or, personne n'imagine aisément une société mieux éduquée où 80% d'une classe d'âge occuperait une activité nécessitant un BAC+7 minimum à notre époque.

 Et au-delà puisque l'évolution de l'I.A faible mène probablement à une IA forte (une intelligence multidisciplinaire capable de se percevoir elle-même). Qui doit décider au final de notre avenir commun ?

Hôtesse IA {JPEG}

 Le ressort principal de la course à l'IA est connu, c'est le même sur lequel on a arcbouté la course aux armements, la course à la productivité, la course à l'évolution technique, à savoir la peur de se faire dépasser, d'être marginalisé, « clochardisé » par ses voisins ou aggressé.

 Il est indissoluble de notre incapacité à nous poser des limites collectives et nous y tenir (voir nos discussions de boutiquiers sur les émissions de CO2). Par ex, la course aux armements aboutit à un statu quo final où le rapport de force est voisin de l'initial, mais après que des ressources naturelles et financières colossales aient été englouties en pure perte. Or l'I.A va engendrer une nouvelle course à la fois énergivore et dévoreuse de moyens financiers dans un monde contraint sur les deux tableaux.

 La course à la productivité pose un problème similaire : quand on est dans un monde en état de surcapacité de production dans tous les domaines, on ne voit que deux raisons de la poursuivre, la première étant de « clochardiser les voisins » en leur piquant des parts de marché et donc en créant de nouveaux emplois remplaçant ceux perdus.

 Sauf que tout le monde faisant de même, elle implique un chômage maximal partout...

 Pourquoi ne pas faire une pause, alors ? Pour la deuxième raison qui est que le premier qui s'y essaie se fera piétiner et risque de ne pas s'en relever avant longtemps...

 

 Donc on va déployer l'IA faible, c'est inéluctable, sans qu'il y ait eu débat, alors que l'impact sur nos sociétés promet d'être très important.

 Le grand public sous-estime les capacités tentaculaires de cette IA faible en se focalisant sur une éventuelle IA forte à venir.

On oublie qu'il y a un bon moment que nos ordinateurs avaient la puissance de calcul d'un cerveau de moustique qui sait trouver ce qu'il cherche, éviter les obstacles, se protéger des aggressions etc, le tout dans bien moins qu'un mm3 de cerveau. Il nous manquaient les algorythmes et une fois ceux-ci trouvés on a une voiture autonome qui peux se déplacer dans un environnement routier urbain, un robot bipède qui se déplace sur surface glissante et peut sautiller comme monter un escalier avec une lourde charge, ou se faire pousser sans perdre l'équilibre...

Or percevoir son environnement et avoir des réponses adaptées est déjà un embryon d'intelligence. Des robots percoivent déjà nos émotions avec un taux d'erreur très faible et sont capables d'interragir en conséquence. On ne parle pas de ressentis, ni de conscience, mais c'est inutile pour occuper des millions d'emplois. Personne n'exigera d'un agent d'accueil qu'il connaisse Spinoza, fasse sa choucroute et joue du violoncelle sur son temps libre...

Il ne faut pas oublier que lors de la révolution industrielle, pour l'essentiel c'est l'humain qui s'est adapté aux besoins de la machine, plus que le contraire. Ce ne sont pas les employés qui décident de l'outil de production et des procédés mis en œuvre...

Dans un monde où le travail humain est taxé (donc sanctionné) mieux et plus que les machines, le capital, la déplétion des ressources naturelles, ou le gaspillage (par ex le transport intercontinental des marchandises, l'aviation , etc), le déploiement de l'IA se fera et se fera au bénéfice essentiel des mêmes.

Or, notre présent illustre déjà bien, qu'une infime minorité peut dilater son patrimoine et ses revenus à l'excès en profitant au maximum des compétences et du savoir de tous, laissant une frange croissante de la population se débrouiller pour vivre.

Jusqu'en 1970 environ, le système économique avait besoin de tout le monde pour produire. C'est faux depuis plus de 40 ans et le problème ne cesse de croître.

Mais dans ce monde, il y avait encore une place pour être caissière, chauffeur ou livreur de pizzas, bref, une place pour des métiers peu qualifiés.

Qu'en sera-t'il quand l'IA occupera tout ces emplois à un coût bien inférieur pour l'employeur ?

Et quel sera le pouvoir politique de la masse grandissante des « laissés pour compte » d'une société qui désormais pourra se passer d'eux ? Nous allons vers un monde très complexe où les moins doués seront irrémédiablement repoussés aux marges.

 

 Comment va-t-on éduquer les moins doués d'entre nous (quelles que soient les raisons) pour leur donner un rôle social ? Le voudra-t-on seulement ?

Ou leur accordera-t-on une allocation de survie pour simplement consommer et accepter leur exclusion sociale ?

 

 Un bon nombre d'entre nous avons passé un temps appréciable de notre vie à nous former et nous perfectionner sur le plan professionnel. Est-ce que cette tendance va s'amplifier et se généraliser à l'ensemble de la population ?

 Où est la limite, sachant qu'en matière d'IA, personne ne la connaît...

 

 Tous BAC+10 à échéance de 50 ans en formation permanente ?... Utopie, dystopie ?... Et quid du temps libre, de la culture générale, économique,politique, historique, etc...

Quid de la démographie humaine dans ces conditions ?

 

 L'IA faible n'est pas intrinsèquement dangereuse. Mais c'est la façon dont elle va logiquement se déployer qui l'est. Nous sommes tous embourbés dans l'ornière de l'augmentation continue de la productivité alors que cette augmentation est discutable depuis un bon moment vu l'apparition de contraintes sur les ressources et les conséquences de leur utilisation et l'IA se présente comme une surcouche qui va majorer le coût environnemental et diminuer les coûts salariaux, donc le pouvoir d'achat pour consommer des biens et services déjà en surcapacité de production.

 

 Quand on voit dans les hypers des gens aller spontanément vers les caisses robotisées plutôt qu'attendre à une caisse avec caissière, des PDG d'entreprises de transport aspirer à une flotte de camions entièrement robotisée, des hôtesses d'accueil robotisées arriver au Japon, des machines de guerre dotées d'IA déjà à l'état de prototype et tant d'indices que l'engrenage habituel opère déjà, on peux légitimement se dire que le sort en est jeté.

 

 Notre modèle économique est une parenthèse, il en fut autrement dans un passé récent, il en sera autrement dans un avenir indéterminé mais pas lointain...

L'I.A faible pourrait accélérer les choses en étant optimiste...

 

 Un autre aspect est que plus on avance dans l'I.A faible et plus on se donne les moyens d'aboutir à une I.A forte. D'abord parce que c'est comme ça que la Nature a fait. Des animaux capables de percevoir leur environnement et de réagir de façon complexe à celui-ci en fonction de leurs expériences passés existaient bien avant la pensée conceptuelle.

 Nous savons déjà fabriquer des robots autonomes, anthropomorphes ou non. S'ils percoivent leur environnement il ne leur faudra pas forcément une éternité pour que face à une glace, à la question posée de savoir ce qu'ils voient dans la glace ils répondent « je me vois... ».

La richesse de ce « je » ne sera sans doute pas aussi grande que la nôtre, mais ce sera anecdotique, l'I.A a le temps pour elle.

 On sous-estime probablement la somme de compétences à accumuler pour faire une I.A forte comme le temps nécessaire pour qu'elle arrive à notre niveau. Par création une I.A n'aura pas le langage lié à la gestion des besoins internes d'un organisme vivant, en particulier les émotions.

Mais comme sous-langage interprétable par la pensée conceptuelle ils percevront nos émotions (ils le font déjà), sauront y répondre et les interpréter.

Ils n'auront pas nos ressentis (lié à notre incarnation) mais pourront sans doute les comprendre aussi bien que nous, à terme et interagir de façon pertinente avec cette forme de langage largement partagé avec les animaux supérieurs.

Animaux de compagnie, collègues de travail, robots sexuels, armes de guerre ou de police, il est à craindre que tout ce qui peut se faire, se fasse.

 

 Et la question se pose de savoir si nous serons capables de nous poser des limites avant de taper violemment un mur que nous aurons créé de toutes pièces.

Toute évolution technique est-elle un progrès ? Qui en décide et sur quels critères ?

Comment donner la culture de base à la masse pour en discuter et en débattre ?

Faut-il laisser une poignée largement coupée des conditions réelles d'existence de la majorité des êtres humains en décider pour nous tous ?...

Nous sommes à la veille de quelque chose qui va changer la trajectoire de notre civilisation. Faut-il regarder ailleurs et laisser faire ?

 

https://www.wired.com/2000/04/joy-2/

https://thinkerview.com/cedric-villani-intelligence-artificielle-perspectives-futures/

https://thinkerview.com/laurent-alexandre-intelligence-artificielle/

https://www.bostondynamics.com/robots

 


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97 réactions à cet article    


  • Voldomir Olmoranz Voldomir Olmoranz 16 janvier 09:30

    AgoraVox devrait utiliser une IA faible pour générer les titres des articles publiés, et ainsi éviter les titres faibles, très faibles... smiley


    • jjwaDal jjwaDal 16 janvier 11:05

      @Voldomir Olmoranz
      Le titre (inspiré par Renaud) dit bien ce qu’il dit : on se connaît ni le tempo ni la direction que notre civilisation va prendre. Pour décrire une nappe de brouillard, ça me paraissait idéal. smiley


    • Parrhesia Parrhesia 17 janvier 09:46
      @Voldomir Olmoranz
      Chaque jour qui passe nous montre un peu plus que le véritable (et presque insoluble) problème maintenant posé par l’Intelligence Artificielle c’est l’indigence relative de l’intelligences humaine qui, à quelques exceptions près, ne la conçoit que dans l’optique d’un commerce et d’une la finance devenus politiquement incontrolables !!!
      C’est un problème d’une importante autrement sensible que celle d’un titre au demeurant suffisamment explicite...
      @ l’auteur,
      excellent article, profondément prémonitoire, particulièrement lorsque l’on garde présent à l’esprit que les intérêts financiers et socio-économiques qui dominent en grande partie l’émergence de l’I.A. ne sont pas tellement différents de ceux qui présidaient déjà au destin du monde entre les deux grandes guerres ! Nous avons vu le résultat !!!
      Ne lâchez pas les commandes sur ce thème et bonne journée à vous.


    • gogoRat gogoRat 17 janvier 10:53

       Le fond de l’article reste intéressant, l’essentiel est évoqué ... mais pas dans le bon ordre !
       
       Ce sont les questions posées qui révèlent la source des erreurs (voir fautes) d’entendement, de paradigme, dans lesquelles s’empêtre balourdement la majorité de nos contemporains.
       
       Prenons par (mauvais) exemple les questions suivantes :
      ------

       ’Comment va-t-on éduquer les moins doués d’entre nous (quelles que soient les raisons) pour leur donner un rôle social ? Le voudra-t-on seulement ?’

      ’Ou leur accordera-t-on une allocation de survie pour simplement consommer et accepter leur exclusion sociale ?’

      ------

       La formulation de ces questions apporte plus d’informations sur les biais perceptifs de leur auteur que sur l’objet de la question !

       

       Si le concept démocratique n’avait pas été dévoyé en l’affligeante mascarade que nous déplorons maintenant, personne n’aurait idée des vouloir ’éduquer’ des ’moins doués’ que soi-même ! 
       « On ne prête que ce que l’on a » disait la sagesse populaire. Quant à « donner » ! ...

       Vouloir ’donner un rôle social’ ne présuppose-t-il pas que les ou les ’donneurs’ soient les ’propriétaire’ de ce ’rôle social’, de sa définition et des critères par lesquels ’on’ saurait l’identifier ou le reconnaître ? !!

       Idem pour ’accorder’ une ’allocation de survie’ !!
       Des être supérieurs seraient donc ainsi en capacité d’accorder des miettes de ce qui serait leur ’propriété’, non pas pour que leurs ’frères égaux en dignité et en droit’ (cf notre Constitution française) puissent accéder autant qu’eux-mêmes à l’otium mais seulement pour ne pas commettre un crime trop voyant ( vouloir accorder une survie, n’est-ce pas l’aveu que l’on détient les rennes de la non mise à mort ? !!)

       Si intelligence il y a quelque part,

       au lieu de Geppetto qui s’effrayent devant leurs Pinocchios,

       quand et où comprendra-t-on que les gens pas compliqués ont pour première nécessité non pas de ’produire’ ni de ’travailler’ mais de pouvoir manger, boire, dormir à l’abri et en sécurité, en toute dignité et en partageant fraternellement l’accès à l’otium permis par l’art humain conquis au cours des millénaires de l’Histoire humaine ? !

       


    • gogoRat gogoRat 17 janvier 12:22

       Un illustre inconnu, pressentant ce malaise du ’on’ supra-citoyen, avait eu l’humour de l’exprimer ainsi :
       
      «  Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien »
       

       


    • jjwaDal jjwaDal 18 janvier 18:03

      @gogoRat

      Joli commentaire, mais je pense que vous m’aviez compris. Si le système, tel qu’il existe, déploie l’IA faible partout où cela peux lui rapporter un profit, on sait qu’elle visera en premier lieu les emplois peu qualifiés. Par ailleurs, comme avec les machines il y aura réorganisation des conditions de production pour introduire l’IA et se débarrasser d’un maximum de salaires. Quand les machines sont apparus il y avait un taux de croissance économique générant des revenus pouvant absorber les nouveaux biens et services que produisaient ceux déplacés de leur travail. Plus le cas depuis 20 ans. Les « nouveaux emplois » sont allés vers du temps partiel et du précaire.Dans ces conditions le prix du ticket d’entrée dans le monde du travail va sérieusement monter et quid des gens n’ayant pas de grosses capacités d’apprentissage ? Très gros soucis devant nous pour leur offrir une éducation appropriée ou une formation conduisant à un métier. Créer un monde trop complexe pour tout le monde ne va pas embarrasser ceux qui décident. Il suffit de voir le rapport de force actuel entre salariés et patrons/actionnaires. Qui mène le bal ? Alors imaginez si on peux produire avec de moins en moins d’humains ? Quel sera le pouvoir (en dehors du vote...) de l’immense majorité face aux « donneurs d’emploi »  ? Vous croyez à la révolution peut-être ? Je crois au chacun pour soi comme en 2017 après 35 ans de chômage de masse.


    • pemile pemile 18 janvier 18:23

      @jjwaDal « quid des gens n’ayant pas de grosses capacités d’apprentissage ? »

      Ils en auront toujours plus que n’importe quelle IA, non ?


    • jjwaDal jjwaDal 18 janvier 19:27

      @pemile
      Sans doute jusqu’à l’éventuelle apparition d’une I.A forte, mais ce n’est pas la question. S on réorganise la production pour tirer un maximum de profit de l’I.A, il pourrait ne rester qu’une quantité insuffisante de jobs peu qualifiés et donc une dérive vers les études longues pour la majorité. L’étude fournie à Obama parle de 83% d’emplois menacés dans cette catégorie. Vous pouvez la balayer d’un revers de main, mais d’autres pointent dans le même sens. Je l’ai dis plus haut, imagine-t’on nos chauffeurs (taxis, poids lourds, etc) allant tous sur les bancs de l’université parce que des tas de ferrailles bien plus bêtes qu’eux (globalement) sont plus efficaces pour faire leur job d’avant ?


    • pemile pemile 18 janvier 20:39

      @jjwaDal « S on réorganise la production pour tirer un maximum de profit de l’I.A »

      « S on réorganise la production pour tirer un maximum de profit du moteur », on en revient à l’invention de la moissonneuse-batteuse, et a un « imagine-t-on nos paysans allant tous sur les bancs de l’école », non ?


    • Luniterre 18 janvier 21:58

       

      @jjwaDal

      Article excellent pour tirer la sonnette d’alarme, s’il en est encore temps...

      IA faible, IA forte, « conscience » ou pas, ce n’est pas le problème à court terme et vous semblez en être conscient :

      « Si le système, tel qu’il existe, déploie l’IA faible partout où cela peux lui rapporter un profit, on sait qu’elle visera en premier lieu les emplois peu qualifiés. Par ailleurs, comme avec les machines il y aura réorganisation des conditions de production pour introduire l’IA et se débarrasser d’un maximum de salaires. »

      En réalité, une erreur d’appréciation, semble-t-il, néanmoins, car des emplois qualifiés sont déjà touchés, et d’autres sont prochainement en ligne de mire des concepteurs de l’IA :

      https://youtu.be/p647ezfEows

      Actuellement il y a encore une sorte de « contre-courant » pour la création de nouveaux emplois, de services, par exemple, mais ils sont déjà en ligne de mire, également...

      Donc, le pronostic de la disparition massive de l’emploi est le bon, y compris pour une bonne partie de la population déjà dotée de formation et d’un niveau culturel élevé.

      Le problème reste bien, en réalité, le droit à un niveau de vie décent pour tout le monde, indépendamment de l’accès à l’emploi.

      Le principe du système « revenu universel » ou autre équivalent visera à créer une « survie » plus ou moins misérable et totalement artificielle pour une partie essentiellement devenue oisive de la population, dépendante d’une consommation « bas de gamme », tandis que les détenteurs actuels du pouvoir financier s’arrogent déjà le droit de contrôler le tout, via les tuyaux informatiques du système, et surtout celui de conserver leurs privilèges de parasites acquis à l’époque où l’investissement « productif » paraissait encore avoir une fonction sociale, ce qui était en partie vrai dans la période ascendante du capitalisme, et dans des limites très étroites qui ont été « élargies » par les luttes sociales.

      IA faible ou forte, « conscience » ou pas, le « capitalisme » de l’époque « robotisation totale » est une arnaque encore pire que la précédente, car sans la moindre contre-partie socialement « progressiste », même au sens le plus élargi du terme.

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/18/robotique-larnaque-en-marche-nouvelle-edition/

      Luniterre


    • Luniterre 18 janvier 22:14

      @jjwaDal

      Une info complémentaire significative :

      https://static.blog4ever.com/2006/02/106908/voici-Amelia—l--I.A..pdf

      *******************************************************

      Luniterre


    • jjwaDal jjwaDal 19 janvier 06:29

      @pemile

      Comparez la proportion de la population active travaillant dans l’agriculture dans les années 1950 et en 2017. Vous ne voyez aucune évolution ? Par ailleurs, ceux qui ont quitté ce secteur ont été repris dans d’autres domaines qui à l’avenir vont subir de plein fouet l’arrivée de l’I.A. Comme souvent (je pense au nucléaire mais tant d’autres ex) on crée un problème pour les bénéfices apparents qu’on attend sans se soucier de savoir si on aura la solution et à quel prix.
      Je pense (pour livrer le fond de ma pensée) qu’on est engagé dans un processus logique auquel on été confronté toutes les espèces intelligentes qui nous ont précédé (au cours des 10 milliards d’année) A n’en pas douter certaines auront choisis de continuer la route sur un support non vivant pour des raisons pratiques. Je ne connais pas notre avenir, mais je n’ai aucun doute sur l’arrivée d’une I.A forte à échéance inconnue. Nous serons alors plus que jamais face à notre destin...

    • jjwaDal jjwaDal 19 janvier 06:48
      @Luniterre
      C’est semble t(il la thèse soutenue par Harari dans « Homo Deus », c’était une des hypothèses de Kaczynski qui servait de préambule à « Why the future doesn’t need us » en 2000.
      Et merci pour les liens.

    • pemile pemile 19 janvier 09:09

      @jjwaDal « Je ne connais pas notre avenir, mais je n’ai aucun doute sur l’arrivée d’une I.A forte à échéance inconnue. »

      Vous exprimez des préjugés et des peurs sans réaliser les contradictions de cette déclaration ?


    • jjwaDal jjwaDal 19 janvier 10:38

      @pemile
      Aucunement. Je ne sais pas la trajectoire que nous prendrons avec l’arrivée d’une I.A forte, voilà tout. Kaczynski avait quelques idées, Harari aussi. Qui sait ?


    • pemile pemile 19 janvier 11:04

      @jjwaDal « Je ne sais pas la trajectoire que nous prendrons avec l’arrivée d’une I.A forte, voilà tout »

      Comme personne ne sait la trajectoire que nous prendrons avec « l’arrivée » de la fusion froide smiley

      L’arrivée d’une IA forte étant aussi probable que l’« arrivée » de cette fusion froide, prédite et promise par pléthores articles de mêmes valeurs smiley

      « Kaczynski avait quelques idées, Harari aussi »

      Droles de références !


    • jjwaDal jjwaDal 19 janvier 14:47

      @pemile
      Marvin Minsky alors, vidéos sur « Youtube » et « The emotion machine » bonne lecture. Sinon tous les grand-pères sont des hommes mais tous les hommes ne sont pas grand-pères. Aucun lien entre les deux (fusion froide et A.I). La planète entière travaille sur l’A.I, combien sur la fusion froide ? (3 , 4 ?...).


    • pemile pemile 19 janvier 16:36

      @jjwaDal « La planète entière travaille sur l’A.I, combien sur la fusion froide ? »

      Pas sur l’AI forte, très peu osent affirmer que cela soit possible ! smiley

      La fusion froide il y a quelques années, c’étaient pléthores d’industriels qui faisaient des annonces.


    • Choucas Choucas 16 janvier 09:50

       
       
       
       
      « Nous on a pas de robot IA, mais on a des colons boubous »
       
      IA faible (gogochon)
       
       

       


      • Ciriaco Ciriaco 16 janvier 10:20

        Pour info, ce que vous montrez en vidéo, ça fait perso au moins 20 ans que je le vois. Pour vous débarbouiller, vous pouvez imaginer le fonctionnement de ce type de truc comme la recherche d’un minimum d’une fonction globale (la distance au barycentre par exemple, via des méthodes de rétropropagation qui ne garantissent pas de solution parfaite, d’où cette impression).


        Il n’y a aucune intelligence là-dedans, sauf celle du concepteur. Putain expliquer les bases de l’IA ça devient lourd.

        Par contre il faudrait que vous réalisiez que la fonction des IA est une techno-économie de classe, et que le grand spectacle pour vous en mettre plein les yeux ne fait que commencer, comme au cinéma. Vous croyez que les coqs auxquels nous avons à faire vont se priver ?

        Pendant ce temps là, toujours pas une trace du débat sur la loi Vidal ici, tandis que ça fait un bail que le mainstream envoie la pilule en doucette. Y’a de l’aigle chez nos contemporains, c’est fou.

        En attendant la prochaine mobilisation sociale, la bonne journée.
        Ps : déjà vu l’intervention de Villani ; il est très télégénique et son côté enfantin est charmant. Ici comme ailleurs ça fait 30 ans qu’on en chie, merci au revoir.

        • jjwaDal jjwaDal 16 janvier 11:21

          @Ciriaco

          « Aucune intelligence là dedans,sauf celle du concepteur ». Nous sommes d’accord. Spinoza aurait pu dire de vous ou moi la même chose. Nous ne sommes peut-être que ce que nos concepteurs ont mis dans notre tête, plus la somme de tous les stimulis, influences, rencontres bombardant une physiologie née d’un patrimoine génétique unique. Nous pourrions n’être que cela., programmés de « A à Z » et le « je » et le « moi » un conte de fée pour nous rassurer. De mémoire, le QI des enfants « loups » n’était pas brillant, alors que « celui » de ces robots soit de zéro à la fabrication ne m’étonne pas. L’I.A faible commence à peine à apprendre à apprendre.


        • Ciriaco Ciriaco 16 janvier 11:59

          @jjwaDal
          Spinoza polissait ces lentilles quand il avait décidé d’exprimer le soi qu’il avait à dire, sa présence dans le monde. Les autorités le faisaient chier, bien sûr, on connait tout ça. Victor Hugo serait taxé de complotisme à notre belle époque de lumière et de bougies connectées.


          Je ne suis pas non seulement inquiet devant le machinisme qui gagne les esprits ; j’ai juste une colère sans nom. Alors... une IA, telle qu’elle est mise en place dans les systèmes que vous montrez, n’apprends pas, elle utilise des mécanismes de rétropropagation permettant d’actualiser de simples fonctions de seuil. L’analogie, c’est bien, mais laissez ça aux poètes, ils en ont de très bonnes raisons.

          Par ailleurs, son architecture est fixe et bricolée par le concepteur : il n’y a en fait aucune adaptativité structurelle, ce qui est pourtant l’élément de base nécessaire à tout évolution dite ouverte. Il a ensuite été démontré que la capacité des IA neuronales était celle des algorithmes statistiques traditionnels. Seule leur « commodité » d’application leur donne un avantage sur ceux-ci. Mais mes études passées dans ce domaine peuvent ne servir qu’à être productif...

          Bon en tout cas Spinoza, c’est encore raté, parce que vue la téléologie qui règne dans votre remarque... A ce rythme là on pourrait être une huître. Une huître, c’est bien non ?

        • jjwaDal jjwaDal 16 janvier 12:50

          @Ciriaco
          J’ai bien compris que c’est nous qui apprenons et pas l’I.A. Aucune téléologie, si nous ne faisons que réagir à une impulsion initiale et de proche en proche. Mais, hors sujet.


        • Odal GOLD Odal GOLD 16 janvier 19:11

          @jjwaDal
           
          C’est bien peut-être un peu le sujet. A un certain niveau d’I.A. forte, comme vous dites, je pense qu’on pourra parler de conscience, exactement comme nous, comme le reste du vivant.

           

          "C’est peut-être même un nouveau sommet de la chaine alimentaire qui se dessine, officiellement s’entend.

           

           De mon point de vue, tout ça, et l’ I.A. entre autres, est vieux comme le monde et les étoiles. Est-ce que c’est vraiment « rassurant » pour autant de penser cela, je ne sais pas."

           

          >> http://www.odalgold.com/article-sans-titre




           




        • JL JL 16 janvier 20:00

          @jjwaDal
           
          vous faites un curieux matérialiste par le fait que, pour les besoins de votre croyance, vous en arrivez à renier Darwin et l’évolution.


        • Odal GOLD Odal GOLD 16 janvier 20:18

          @JL

           
          De mon point de vue.
          Darwin et l’évolution, c’est logique. Mais cette logique est aussi logiquement vieille comme le monde.
           
          Et Darwin, cela dit, ne prétend pas non plus TOUT expliquer personnellement.
           
          Du réel, nous n’en savons pas grand chose en fait.. Dépend peut-être tout simplement de notre niveau d’empathie avec le reste du vivant (mais qu’est-ce qui ne « vit » pas ?). Et on ne peut pas non plus avoir de l’empathie avec tout le réel.
           


        • jjwaDal jjwaDal 16 janvier 20:31

          @JL
          Vous plaisantez ? Où ai-je dis ça ? Notre « destin » (notre vie telle que nous l’aurons vécu) n’est pas décidé de « A » à « Z » le jour de notre naissance. Le hasard des rencontres (intellectuelles) existe et aura une influence sur notre trajectoire.
          Quelle croyance d’ailleurs ? En l’absence de libre arbitre ? Oui je l’assume. Je pense que nous ne faisons que réagir depuis le départ à notre environnement devenant par là même la cause de réactions chez les autres.
          J’ai dis plus haut que la vie a mis 4 milliards d’années pour accoucher du cerveau humain. Si c’est nier l’évolution...


        • JL JL 16 janvier 20:33

          @Odal GOLD
           
          Si un démiurge nous avait créés, qui aurait créé le démiurge ?

          Ou bien l’homme est son propre créateur : et dans ce cas, nous observons qu’aucune machine n’est capable de se créer elle-même.
           
          Ou bien l’homme ne s’est pas créé tout seul ; et dans ce cas, il ne saurait égaler son créateur.
           
          L’empathie n’a pas de sens si l’objet d’empathie est dépourvu de sensibilité. A ma connaissance seuls les êtres vivants par opposition aux machines, sont dotés de sensibilité.


        • JL JL 16 janvier 20:40

          @jjwaDal

           non seulement, il a fallu à la nature 4 milliards d’années - à mon avis, beaucoup plus - pour faire apparaitre la conscience, mais en plus, nous ne savons rien à rien sur la façon dont elle s’y est prise !


        • Odal GOLD Odal GOLD 16 janvier 23:31

          @JL
           
          Je n’ai jamais dit qu’un Démiurge nous avait créé, ni d’ailleurs que nous n’avions pas été créé par un Démiurge (ou par des extraterrestres). Je n’en sais rien, ça dépend comment c’est vu.
           
          Quand je dis vieux comme le monde, je pense de même que de notre point de vue humain, le monde et l’infini, ça nous dépasse un peu (un peu : ironie).
           


        • jjwaDal jjwaDal 17 janvier 05:21

          @JL
          Je parlais de l’apparition sur Terre. Dans notre univers, tous les ingrédients étaient en place moins d’un milliard d’année après le big bang, si vous rajoutez 4 comme ici, elle a pu émerger il y a 10 milliards d’années...
          Je ne dirais pas que nous ne savons rien sur la façon dont la « Nature » a procédé. Nous avons la chronologie d’évolution du cerveau déjà. Juste pour taquiner, on a découvert il y a peu quelle modification de gêne permet de passer de la fabrication d’une écaille à une plume. On commence tout juste à découvrir les combines trouvées pour l’évolution, du coup j’aurais du mal à avoir toutes les réponses...


        • JL JL 17 janvier 13:41

          @jjwaDal
           
          en somme si je comprends bien ici, vous vous proposez de créer, non pas la conscience, mais la vie ?
           
          Nous savons tous ce qu’est la vie, mais nous ne savons pas la créer par synthèse.
           
          Or de mon point de vue, il n’y a pas de conscience dans un organisme sans vie : la vie et la conscience sont intimement liées ; inséparables. Croire le contraire c’est, ou bien tomber dans le matérialisme, ou bien s’évader dans le dualisme.


        • Traroth Traroth 18 janvier 12:21

          @Ciriaco
          « Par ailleurs, son architecture est fixe et bricolée par le concepteur : il n’y a en fait aucune adaptativité structurelle, ce qui est pourtant l’élément de base nécessaire à tout évolution dite ouverte »


          Je ne vois pas le problème. Ça fait bien longtemps qu’on sait optimiser des réseaux de neurones en les générant avec un algorithme, par exemple avec des algorithmes génétiques, afin d’adapter sa topologie de manière adaptative. En l’adaptant au problème à résoudre, en d’autres termes. J’ai eu l’occasion de travailler là dessus dans les années 90...

        • jjwaDal jjwaDal 19 janvier 06:33
          @JL
          Il n’y a pas eu dans le passé ni le présent de conscience sans vie sur Terre. Il y en aura peut-être à l’avenir. Minsky y croyait, Bill Joy aussi et pas mal de gens bardés de diplômes. L’avenir vous répondra si vous n’êtes pas pressé par le temps. Et je gage que sa réponse ne vous plaira pas...

        • JL JL 19 janvier 09:31

          @jjwaDal
           
          ’’L’avenir vous répondra si vous n’êtes pas pressé par le temps.’’
           
          Les alchimistes aussi, espéraient bien pouvoir transformer magiquement l’or en plomb.
           
          Le matérialisme tel que je le définis n’est pour moi qu’un avatar de l’alchimie. Les alchimistes étaient les premiers scientistes ; vous en êtes leur successeur.
           
          L’homme n’est qu’une créature de la nature, il n’est pas la nature, et ne peut pas rivaliser avec elle.
           
          L’autre pensée magique c’est le dualisme, cet avatar des superstitions ancestrales dont le fondement est l’ignorance. Et l’ignorance a de l’avenir, surtout à notre époque.


        • MagicBuster 16 janvier 11:12

          L’intelligence artificielle des chinois .... dans des sexbots  ?!!

          En gros - l’intelligence d’un grille pain ...


          • JL JL 16 janvier 11:25

            Les robots existent déjà, mais je suis d’accord avec le fond de l’article et le commentaire de Ciriaco.
             
            ’’ percevoir son environnement et avoir des réponses adaptées est déjà un embryon d’intelligence. Des robots percoivent déjà nos émotions avec un taux d’erreur très faible et sont capables d’interragir en conséquence. On ne parle pas de ressentis, ni de conscience, mais c’est inutile pour occuper des millions d’emplois. Personne n’exigera d’un agent d’accueil qu’il connaisse Spinoza, fasse sa choucroute et joue du violoncelle sur son temps libre..’’
             
            Les robots ne perçoivent rien, ne comprennent rien, ils décodent tout simplement. Parce qu’ils sont dotés de capteurs et d’algorithmes ad’hoc.
             
            La différence selon moi entre IA faible et IA forte devrait être réservée à signaler la différence entre les robots capables d’apprentissage et les autres.
             
            Le rêve que les robots puissent accéder à la conscience, c’est cela le matérialisme. 
            Par opposition, le dualisme c’est la croyance que l’information existe sans aucun support physique.
            La seule doctrine raisonnable entre ces deux chimères est clairement le spinozisme et toutes celles qui y sont apparentées.
             
             Enfin, c’est mon avis, et c’est discutable.


            • jjwaDal jjwaDal 16 janvier 15:10

              @JL
              Percevoir au sens de détecter et non de ressentir...
              Pour le reste, je suis matérialiste et je n’y vois aucune chimère. C’est notre meilleure hypothèse de travail.

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