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Accueil du site > Tribune Libre > Nous ne sommes rien, soyons tout ! Mais d’abord, Soyons Unis (...)

Nous ne sommes rien, soyons tout ! Mais d’abord, Soyons Unis !!

 

 

"Unir les communistes", "Construire le parti", Quel sens pour ces mots d’ordre aujourd’hui ?

Ou, de l’unité communiste comme processus dialectique !

Ces derniers mois, différentes initiatives, différents processus ont été entrepris pour tenter d’unir les communistes se réclamant du marxisme-léninisme, et pour certains, du maoïsme, sous l’expression « marxisme-léninisme-maoïsme ».

Pourtant, force est de constater que "construction du parti" comme "unité des communistes" sont déjà de l’ordre du mythe récurrent depuis un demi-siècle environ, dans ce pays, et que les choses ne paraissent pas, manifestement, être sur le point de changer.

Sans rentrer dans le détail des polémiques entre individus, groupes et groupuscules, on s’en tiendra, ici, aux considérations générales à la fois les plus importantes et les plus fondamentales sur lesquelles repose ce débat.

I. __ De la réalité actuelle des mots d’ordre "unitaires"

La première question posée par l’énoncé du problème lui-même, est déjà de comprendre s’il s’agit d’unir des militants et des courants politiques ayant une idéologie commune ou bien s’il s’agit carrément de construire une unité à partir d’idéologies différentes.

En effet, « unir les communistes », est un mot d’ordre des plus ambivalents, si l’on n’en précise pas davantage les limites et les contours...

Déjà archi-usée par les diverses fractions « de gauche » du parti archi-révisionniste PCF, la formule est elle- même, pour tout dire, archi-galvaudée... !

Même la caractérisation Marxiste-Léniniste, à laquelle nous restons particulièrement attachés en tant qu’outil théorique toujours pertinent, même si hérité des luttes prolétariennes qui ont façonné le siècle passé, et dont les leçons restent, en fait, à tirer, ne peut servir de « périmètre », en quelque sorte, tant ce « périmètre » reste flou par le nombre de gens qui s’y considèrent inclus de manière souvent pour le moins arbitraire.

Même sans considérer uniquement la "nuance" importante ML/MLM, il faut donc bien admettre qu’il y a pluralité d’ « idéologies » sous le vocable général.

Même si elles dérivent toutes du même corpus, on peut voir qu’elles ont précisément suffisamment dérivé, et de plus, en se ramifiant continuellement, et cela depuis autant de temps, pour constater qu’elles n’ont plus en commun entre elles que des apparences purement formelles.

Faut-il renoncer à toute possibilité d’unification pour autant ?

Même si les possibilités sont minces, renoncer complètement ne mène nulle part, et il le faut donc d’autant moins que le problème se reposera inévitablement si les luttes se développent, et qu’il ne peut rester insoluble sans les condamner à l’échec.

Mais se baser sur des apparences communes formelles ne mène donc à rien non plus...

Par contre, un autre aspect plus constructif du débat, quoi que encore plus mal compris, ces derniers mois, fut la critique du spontanéisme.

Ce fut notamment le cas, l’an dernier, au moment où la lutte contre la loi El Khomri s’était déjà nettement engagée dans une impasse, situation qui s’est alors déjà trouvée synthétisée dans cet article :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/04/04/marxisme-leninisme-conscience-spontanee-etou-avant-garde-proletarienne/

Effectivement, combattre le spontanéisme revient à réintroduire la politique dans la démarche et dans l’action militante.

Cela suppose donc de définir un but politique à cette action. Or, là aussi, « construire le parti », « unir les communistes », cela reste de l’ordre du formel, même pour les éléments avancés du prolétariat, si cela n’est pas relié à une alternative politique visible, ou à tout le moins perceptible comme perspective, en opposition au système actuel. Considérés en dehors d’un programme politique, ou au moins d’un projet sérieusement ébauché, « unir les communistes », « construire le parti », comme mots d’ordre considérés donc uniquement en eux-mêmes, et de la façon dogmatique couramment pratiquée depuis plusieurs décennies, ces mots d’ordre ont perdu tout sens pour les éléments prolétariens d’avant garde, et même pour ceux qui ne sont pas sous l’influence du spontanéisme ou de l’anarcho-syndicalisme,

C’est la perspective politique rendue visible par le programme qui amorcera réellement le réveil massif de la conscience de classe.

Même s’ils participent davantage à son dévoiement qu’à son éveil, c’est en faisant participer les masses populaires à l’élaboration de leur programme que les sociaux-démocrates « de gauche » de Mélenchon ont réussi à ravir le leadership du populisme au FN.

La leçon utile de cette « mutation », c’est donc qu’il importe de définir, ou à tout le moins, d’ébaucher sérieusement, notre projet de programme, non pas de manière dogmatique, mais précisément dans le cours de l’enracinement progressif des communistes ML dans le prolétariat.

L’ébauche d’un programme et l’enracinement peuvent, et même, doivent être, deux aspects d’un processus dialectique, faisant également renaitre à la fois la démocratie prolétarienne directe et le centralisme démocratique parmi les communistes.

Dans la mesure où il s’agit précisément d’un processus marxiste-léniniste, reposant sur les fondements théoriques du marxisme-léninisme, c’est sur l’approche qu’on en a qu’il y a lieu de s’interroger, si on veut faire avancer la question de l’unité.

Autrement dit, la question de l’unité est liée à la façon dont nous utiliserons les fondamentaux du ML pour mettre en œuvre ce processus d’élaboration démocratique du programme parmi les masses prolétariennes et populaires.

La question politique importante est donc la manière de rendre visible une perspective politique d’alternative, c’est à dire la manière de définir concrètement la phase de transition socialiste que nous voulons construire.

Cela suppose à la fois de comprendre ce que les classiques du ML ont à nous dire sur le sujet, et en quoi ces enseignements peuvent être mis en correspondance avec la situation actuelle, et voire même, s’ils le peuvent encore.

Et cela suppose aussi de comprendre et d’analyser les expériences historiques au cours desquelles ces enseignements ont été élaborés, et d’en tirer enfin les leçons utiles, tant au regards de leurs échecs que de leurs succès, nécessairement relatifs, mais pas forcément minimes, et encore moins, négligeables.

Et c’est là que l’on se trouve à nouveau éventuellement confronté au problème des « nuances » idéologiques, sinon, carrément, de leurs antagonismes.

Aurait-on fait pour autant un tour pour rien ?

Ce qui distingue le mouvement dialectique d’une simple pirouette, c’est de savoir si l’on a avancé d’un cran, et bien évidemment, vers le haut !

Or, si l’on est parvenu à cerner l’objectif du débat, on peut donc espérer qu’il ne soit pas vain, même s’il s’annonce, pour le moins, assez âpre... !

Un premier pas en avant a été fait, récemment, avec la création du Collectif Marxiste-Léniniste OCTOBRE ! Il s’est trouvé aussitôt remis en cause sous l’influence du dogmatisme. Néanmoins, tant le contenu essentiel élaboré à cette occasion que la démarche d’agit-prop qui devait s’en trouver initiée restent un point de départ possible.

Néanmoins, pour aller plus loin dans la compréhension de la situation actuelle et de l’impasse cyclique "unité proclamée"- division réelle au fond de laquelle le mouvement ML tourne en rond, il nous a semblé nécessaire de préciser davantage le fond dialectique de notre démarche :

II. __ De l’unité communiste comme processus dialectique

Parler de méthode dialectique, ce n’est pas se payer de mots, mais bien en revenir à ses fondamentaux, et non par fétichisme intellectuel, mais bien pour établir un lien entre le réel et notre action, y compris et d’abord dans le domaine de l’unification...

Il ne s’agit donc nullement de remettre encore en cause la bonne volonté des uns ou des autres, qui est grande, le plus souvent, pour l’unité, mais de chercher à comprendre la logique interne des liens dialectiques entre les éléments essentiels, constitutifs du processus d’unification, évoqués dans la première partie de l’article.

C’est-à-dire de comprendre en quoi la logique actuellement suivie manque précisément de dialectique et aboutit à cette situation d’échec chronique que nous connaissons depuis si longtemps, en tant que communistes ML, alors que la situation globale, elle, a largement évolué et presque depuis aussi longtemps, dans un sens qui aurait nécessité et même dû voir jaillir l’expression d’une force politique prolétarienne !

L’essentiel de notre propos déjà formulé sur le sujet réside dans le lien nécessairement incontournable entre élaboration démocratique du programme de la phase de transition socialiste et édification du parti. A noter que ce lien inclut donc le processus d’unification des communistes ML, c’est à dire, également, la question de l’unification idéologique.

Pour reprendre le problème avec une méthodologie dialectique, nous devons revenir au fait que l’analyse de la situation doit suivre un rapport correct entre ce qui appartient à l’infrastructure et ce qui appartient à la superstructure et surtout, le lien correct entre ces deux catégories de l’analyse.

D’un point de vue marxiste, et donc ML dans son principe, nous devons d’abord considérer que c’est essentiellement l’infrastructure qui commande à la superstructure, même si, dans la situation actuelle, notre possibilité d’action est essentiellement limitée à ce qui concerne la superstructure.

Pour autant, elle n’aura donc de sens que si elle prépare le prolétariat à son intervention historique dans le domaine de la transformation radicale des infrastructures, des rapports de production.

De même, le prolétariat ne comprendra l’action des communistes que si elle lui montre clairement et concrètement une possibilité de changer sa situation qui fasse correctement le lien entre le changement nécessaire des rapports de production, en rapport et avec la satisfaction ses besoins sociaux essentiels, devenue de plus en plus souvent impossible, avec la crise.

C’est le lien organique indispensable et incontournable entre rapports de production nouveaux et satisfaction des besoins sociaux les plus élémentaires qui peut et doit distinguer la démarche ML de la démarche réformiste et même, et surtout précisément, de celle de nombreux soi-disant « communistes » en ce qui concerne un autre point essentiel de notre débat, sur lequel on reviendra ensuite.

Mais d’abord et avant tout, c’est le sens du lien dialectique entre...

>>>Élaboration démocratique du programme de la phase de transition,

>>>par l’action des communistes au sein des masses,

>>>menant à l’unification des communistes ML,

>>>menant à l’édification du parti.

Le lien dialectique essentiel entre infrastructure et superstructure, là dedans, c’est, pour l’instant et si nous en sommes capables ou le devenons, le lien en retour, par rapport à la situation de crise économique chronique, que notre action idéologique, dans la superstructure, par l’élaboration du programme, peut avoir sur la manière dont le prolétariat considère lui-même sa propre situation dans les infrastructures actuelles.

Une action qui mette en lumière la nécessité d’en changer... !!

Et donc, il n’y a pas, d’un côté, la question de la construction du parti, et de l’autre, la question du programme.

La question du programme est évidemment primordiale parce que c’est elle qui fait le lien entre infrastructure et superstructure dans cette démarche militante.

La question de l’unité et du périmètre de l’unité devenant de fait connexe, si ce lien est correctement établi, et donc, de façon à ce que la question de l’unité soit, nécessairement, en voie de résolution.

Poser le problème en commençant par le souci, certes sincère et louable, de la question de l’unité, puis de la définition de son périmètre éventuel, c’est, en réalité et quant au fond de la dialectique, carrément poser le problème à l’envers et ne se donner aucune chance de le résoudre, en dépit de la meilleure volonté du monde !

Actuellement, c’est bien cette logique inverse, tout à fait anti-dialectique, et avec plus ou moins de sectarisme selon les cas, qui est systématiquement suivie par les prétendus tenants d’une idéologie supposément « marxiste-léniniste » !

Actuellement les divers « périmètres » plus ou moins extensibles envisagés pour l’unité, selon les tenant de cette « méthodologie » supposément « marxiste-léniniste », va du plus large, y incluant la sociale-démocratie « de gauche », de Mélenchon, et selon d’autres, voire même les « souverainistes », nationalistes supposés « de gauche », à des cercles ultra-restrictifs, la limitant quasiment aux adeptes du « Président Gonzalo », leader éphémère des « maoïstes » péruviens du « sentier lumineux »... !

Entre ces deux caricatures se trouve une conception générale « anticapitaliste » de l’unité, qui voit le « socle commun » déjà très large à la base, de tous ceux qui luttent pour l’abolition des classes et pour la propriété sociale des moyens de production.

Or cela ne donne qu’une définition très générale, certes sympathique, mais définissant justement plutôt une base de “courant de sympathie communiste”, convenant très largement à tous les sympathisants progressistes de la cause, mais allant des “anticapitalistes de gauche”, genre NPA, aux “gauchistes” genre “conseillistes” et autres, en passant par toutes les nuances du trotskyme et de l’anarcho-syndicalisme, etc...

Bien sûr, le mouvement ML vise aussi à unifier largement un maximum de sympathisants de la cause, mais sur une base permettant réellement de construire une alternative politique prolétarienne, et pas seulement un courant de sympathie, même active, qui serait finalement assez éclectique, et en réalité, on l’a déjà vu par le passé, totalement inefficace !

Bien entendu, chez nos supposés « ML » il est tout de même le plus souvent de bon ton de rappeler ce qui est l’expression politique essentielle de la phase de transition, à savoir la dictature du prolétariat, considérée comme nouvelle domination de classe.

Mais cette considération, en réalité, ne peut pas échapper au lien fondamentalement et véritablement ML entre infrastructure et superstructure :

La dictature du prolétariat n’a de sens, dans les superstructures, que comme expression politique de la volonté du prolétariat de transformer les infrastructures, de transformer les rapports de production, en fonction de la définition qu’il donne lui-même, dans son projet politique, à ses besoins sociaux collectifs.

Et cela nous ramène, de façon incontournable, à la priorité absolue qu’il faut accorder, dans notre processus d’unification communiste, à la question de l’élaboration démocratique du programme de la phase de transition socialiste.

En espérant avoir ainsi précisé davantage le fond de la question, et avoir avancé encore d’un pas dans ce débat vital.

Tant que cette démarche unitaire dialectique ne sera pas comprise, il n’y aura, même aux cris de « Vive l’Unité ! », que querelles de boutiques et divisions sectaires.

Lepotier

************

SOURCE :

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2017/09/02/nous-ne-sommes-rien-soyons-tout-mais-dabord-soyons-unis/

 

(Synthèse de deux articles récemment parus sur Tribune Marxiste-Léniniste )

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13 réactions à cet article    


  • Sparker Sparker 4 septembre 2017 15:25

    Moins de blabla, du combat...


    • bibou1324 bibou1324 4 septembre 2017 16:51

      J’étais sur 500px, à regarder de sublimes photos, puis je me suis dis je vais aller sur AV, ça me changera les idées. 


      Et là, BOUM ! Mes yeux sont tombés sur un vague photomontage bleu rouge avec du texte rouge sur des éclairs rosés ... mes pauvres yeux, vous n’avez donc aucune pitié ?

      Comble de l’indécence, le texte qui suivait était dans le même ton ! Rempli de vide et de mots aussi ridicules et obsolète que « prolétariat ».

      J’ai tenté de m’accrocher, lire en diagonale, rien n’y fait. Mon cerveau refuse de lire cet article tant le discours est creux et alambiqué. J’ai abandonné au bout de 5 phrases.

      Faites des phrases plus courtes. Allez à l’essentiel. Suivez un fil. Votre message ne passera pas si personne ne le lit.


      • bob14 bob14 4 septembre 2017 16:58

        « Sauvez une espèce en voie de disparition : adoptez un petit communiste »
        Cabu !


        • Luniterre 4 septembre 2017 22:47

          Bonsoir à tous,


          Un essai de relecture « autocritique » de ce texte ?


          Pourquoi pas...


          En fait, les deux parties sont au départ l’essentiel de deux mails dans un débat « interne » entre deux tendances ML.


          Les militants communistes, et surtout ML, sont donc supposés posséder les notions de base du marxisme et de la dialectique, telles qu’on les trouve exposées, par exemple, dans les « principes élémentaires de philosophie », tels que Georges Politzer les enseignait à l’Université Ouvrière, dans les années 30, à des prolétaires autodidactes, dont certains étaient pratiquement analphabètes au départ du cursus...


          Cela pour préciser et mesurer la réalité du recul du niveau de conscience de classe, y compris et surtout, en l’occurrence et aujourd’hui, pour les militants se réclamant encore et malgré tout, et sans doute sincèrement, du communisme !


          « Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
          Ni Dieu, ni César, ni tribun,
          Producteurs sauvons-nous nous-mêmes ! »


          Nous dit encore l’Internationale...


          « Communistes, sauvons-nous nous-mêmes !

          Il n’est pas de leader suprême ! »


          Serait-on tentés de paraphraser, aujourd’hui !


          Dans un monde en crise économique et sociale permanente, le communiste devient effectivement et paradoxalement, une espèce en voie de disparition...


          Et pourtant, d’une part, les fondamentaux du marxisme-léninisme ne sont donc pas si compliqués que ça, si on les prend dans l’ordre, à la façon de Politzer...


          Et d’autre part, les « idées » des communistes actuels sont, quant à elles, simplistes, souvent dogmatiques, et le plus souvent, résumées à des préjugés eux-même simplistes...


          C’est le chemin pour partir de là et en revenir aux fondamentaux, qui, lui, se trouve être nécessairement tortueux, vu le peu de rapport entre les fondamentaux et ces préjugés actuels... !


          C’est ce chemin qui est exploré dans l’article, même si maladroitement...


          Le fait que dans toute société, ce sont d’abord le infrastructures qui conditionnent et déterminent les superstructures, et non l’inverse, c’est à la fois une évidence, du simple bon sens, et l’un des fondamentaux du marxisme...


          En partant du langage et de la démarche, devenue totalement inverse, des communistes de notre temps, sur ce problème de l’unité, comment y revenir... ???


          C’est ce qui est tenté ici, plus précisément... Peut être est-ce une gageure tout à fait impossible à tenir ?


          Au moins, faut-il essayer !


          Luniterre


          • Robert Bibeau Robert Bibeau 4 septembre 2017 23:16

            @Luniterre

            Une simple question dont j’aimerais la réponse beaucoup plus courte que le texte QUE SIGNIFIE CES TERMES ???

            >>>Élaboration démocratique du programme de la phase de transition ????

            >>>par l’action des communistes au sein des masses ???? 

            pRATIQUEMENT ??


          • Luniterre 5 septembre 2017 00:06

            @Robert Bibeau

            Si cous remontez seulement 7 lignes plus haut, dans l’article, M. Robert Bibeau, il y est écrit ceci :

            "...le prolétariat ne comprendra l’action des communistes que si elle lui montre clairement et concrètement une possibilité de changer sa situation qui fasse correctement le lien entre le changement nécessaire des rapports de production, en rapport et avec la satisfaction ses besoins sociaux essentiels, devenue de plus en plus souvent impossible, avec la crise.« 

            Le rôle des communistes ne serait-il pas de susciter un débat parmi les masses faisant le lien entre leurs revendications concrètes immédiates et le seul moyen de les satisfaire durablement, à partir de la phase de transition socialiste ?

            Mais peut-être n’aviez vous pas lu ce passage ?

            Le premier intérêt de votre post, M. Robert Bibeau, également auteur dans les fort respectables colonnes d’Agoravox, c’est qu’il vient parfaitement illustrer le propos que je viens de rajouter ci-dessus, à propos d’un certain »déficit« de la conscience de classe contemporaine...

            C’est d’autant plus caractéristique qu’en tant que militant et auteur, vous vous êtes vous même assez longtemps revendiqué »marxiste-léniniste", avant de rejeter, et voire même, combattre, en un sens, et pratiquement, le plus souvent, cette idéologie...

            La question des fondamentaux du ML concernant la phase de transition n’est pas abordée elle-même ici, et volontairement, pour ne centrer le texte que sur la question du processus d’unification, qui en est le sujet central.

            Comme il semble donc que cette question n’est pas encore évidente pour tout le monde, en aborder une autre en même temps, c’eut été une gageure encore plus difficile, du point de vue de la compréhension du texte, bien que cela eut été à la fois possible, même si assez compliqué, et effectivement, assez justifié, politiquement, quant au fond.

            C’est là un point que je vous accorde volontiers, formellement, quoi que nos opinions divergent assez radicalement, sur le fond de cette question, déjà abordée dans divers débats sur nos blogs respectifs, que les lecteurs d’Agoravox curieux du sujet peuvent donc découvrir, à cette occasion...

            Bonne lecture à tous !

            Luniterre


          • Zolko Zolko 5 septembre 2017 01:08

            @ l’auteur : vous a-t-il échappé que plus personne ne vote pour les communistes ? Avez-vous déjà réfléchi à la raison de cela, et que, éventuellement, peut-être, que les gens se sont rendus compte qu’ils n’étaient pas d’accord avec cette idéologie ?
             
            Ce cheval est mort, arrêtez de lui taper dessus !


            • Luniterre 5 septembre 2017 02:36

              @Zolko

              En parlant de « vote communiste », on supposera que vous voulez parler du vote PCF...

              Aujourd’hui, effectivement, ce vote est résiduel et marginal de la FI...

              Le vote FI, en un sens, remplace à la fois le vote FN et ce qu’était encore le vote PCF il y a quelques décennies, et lui même remplacé par le vote populiste FN...

              Le propos de l’article, si vous le lisez attentivement, n’est justement pas de créer une énième mouvance populiste pour récolter les « votes de protestation » des uns ou des autres...

              Mais plutôt d’unir des communistes authentiques, s’il s’en trouve encore, ce qui n’est précisément pas évident, et dans le but de construire enfin une véritable alternative au capitalisme, rendue nécessaire par l’enlisement inévitable et inexorable de la crise.

              Luniterre


            • mursili mursili 5 septembre 2017 10:48


              Ce texte rend sensible de façon suraigüe la notion de « carcan idéologique »...

              On pourrait presque parler de camisole, tant ce soliloque ne semble concerner que son auteur.

              J’aurais tout de même une petite question à lui poser : que veut dire ML ? est-ce une forme particulière de marxisme-léninisme - la seule vraie - que seuls une poignée d’initiés comprennent ? Dans ce cas, comment peuvent-ils espérer exercer la moindre influence sur le reste de la société ? À moins qu’ils ne soient eux aussi les derniers témoins d’une foi moribonde ?


              • Luniterre 5 septembre 2017 12:23

                @mursili


                Le marxisme, une idée moribonde ???


                Pas pour tout le monde, apparemment... :


                « Karl Marx ou l’Esprit du monde est un ouvrage de Jacques Attali paru en 2005 revisitant la vie et l’œuvre du philosophe allemand en tentant de lui rendre toute son actualité dans le contexte contemporain de mondialisation qu’il avait prévu.

                Jacques Attali fait remarquer l’« extrême actualité » de la pensée de Marx1.  »


                https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx_ou_l%27Esprit_du_monde


                Alors, le marxisme, une idée moribonde ?


                Surtout pas pour la classe dominante, donc, qui le connait sur le bout des doigts, pour mieux le combattre et enfumer la classe prolétarienne, qui, précisément et évidemment, en aurait le besoin le plus urgent par ces temps de crise...


                Pour Jacques Attali, donc, comme pour Warren Buffet et ses semblables, le combat de classe continue, et la lutte est permanente, et jusque dans les colonnes d’Agoravox, où il trouve, néanmoins, encore un peu de « répondant », et pas plus tard qu’hier :

                http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/jacques-attali-sa-revolution-74381


                Empêcher le prolétariat de s’emparer de cet outil théorique par tous les moyens énormes de sa machine d’ « information » propagandiste, d’une part, et l’utiliser pour tenter de gérer au mieux sa propre crise, telle est la stratégie du système, à l’égard du marxisme.


                Pour l’intox et la manipulation, toutes les « versions » du marxisme édulcorées par les révisionnistes de tout poil sont les bienvenues dans le système, en tant qu’idéologies de collaboration de classe, plus ou moins bien déguisées, selon les cas.


                Si le débat se limite à la concurrence entre ces « tendances », c’est encore un tour de gagné pour le système.


                C’est pourquoi nous proposons simplement d’en revenir à la lecture des fondamentaux, et à leur remise en confrontation à la fois avec l’étude historique, notamment de l’URSS, et avec le réel de notre époque.


                C’est de cette confrontation que le marxisme peut renaitre comme arme de combat pour tous les opprimés de la planète, et évidemment, en premier lieu, pour le prolétariat.


                Luniterre


                PS : ML se tient évidemment pour Marxisme-Léninisme, et tout aussi évidemment pour la contribution majeure apportée par Lénine à l’analyse du phénomène impérialiste.


                Cette analyse est également un enjeu du combat idéologique du système et de ses collaborateurs, comme le montrent également de nombreuses polémiques sur le sujet, et notamment avec M R. Bibeau, dans les colonnes d’Agoravox, tout aussi récemment :


                https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/24/renouvellement-du-revisionnisme-une-nouvelle-reflexion-sur-celui-de-robert-bibeau/


                ************************************





              • mursili mursili 6 septembre 2017 08:46

                Ce n’est pas l’oeuvre de Marx qui est moribonde selon moi, mais la foi communiste telle qu’elle s’est manifestée au 20ème siècle, l’approche pour ainsi dire sacerdotale de la pensée de Marx, le marxisme-léninisme militant. Cela dit, je peux me tromper et tant qu’il reste quelqu’un pour entretenir la flamme tout espoir de renaissance n’est pas perdu. Je vous souhaite bonne chance auprès des masses et du prolétariat.


                • Taverne Taverne 6 septembre 2017 13:07

                  Ainsi, le dogmatisme veut-il passer directement du « nous ne sommes rien » au « soyons tout », sans la transition du « devenir ». Dangereuse illusion idéologique que de croire cela possible.


                  • Luniterre 6 septembre 2017 16:24

                    @Taverne

                    Vous semblez avoir le goût des formules.. ;

                    L’important est pourtant ce qu’elles recouvrent.

                    Si vous aviez lu l’article, vous auriez compris que le sujet principal, lié au problème de l’unité, est précisément celui de la phase de transition, et donc du « devenir », en quelque sorte, qui vous préoccupe tant, et à juste titre, dans cette perspective...

                    Un autre débat est également en cours, sur ce thème, à la suite de l’article de M Bibeau, qui, lui, tend précisément à nier cette notion de transition... Comme le laisse entrevoir le post qu’il a mis ci-dessus, du reste !

                    Sinon, et pour le cas où vous l’ignoreriez, le vers « Nous ne sommes rien, soyons tout ! » est tiré du poème « l’internationale », d’Eugène Pottier, devenu l’hymne que vous avez également peut-être entendu, un jour ou l’autre...

                    Adopté par les marxistes, certes, mais libertaire d’origine...

                    Pas de dogmatisme, ni de sectarisme, donc, dans cette histoire...

                    Luniterre

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